Communiqué

15/03/2010

 

 

Ce mardi 9 mars 2010, l’association La Gerbe a été informée de l’expulsion du Maroc de plusieurs membres du «Village of Hope» (Village de l’Espérance - VoH), une maison d’enfants implantée depuis 10 ans au Maroc et soutenue par La Gerbe depuis ses débuts. Le projet puise ses origines dans l’action de 2 femmes américaines ayant accueilli des orphelins marocains depuis 1955.

 

→ Depuis 10 ans,

Des travailleurs sociaux chrétiens ont collaboré, par l’intermédiaire du Village de l’Espérance, avec les autorités marocaines afin de recueillir de très jeunes enfants orphelins ou abandonnés en proposant, à leur mesure, une solution face à la difficulté posée par les naissances d’enfants hors mariage. En effet, le rejet social vécu par une jeune femme marocaine si elle donne naissance à un enfant hors mariage pousse de nombreuses mères célibataires à abandonner leur bébé à la naissance. Le Royaume du Maroc reconnaît d’ailleurs la difficulté vécue par des filles mères et des enfants abandonnés dans son pays et plusieurs initiatives d’associations marocaines tentent également d’y faire face1 

Après avoir obtenu, il y a 10 ans, un agrément officiel de la part des autorités pour construire une maison d’enfants pouvant, à terme, recevoir 100 enfants, les responsables du projet ont commencé à accueillir des enfants et à les élever en famille d’accueil sur le site du «Village of Hope» (VoH).  

Ces 5 familles, dont une majorité d’expatriés de divers pays d’Europe et d’ailleurs, accueillent 33 enfants qu’ils élèvent pour certains depuis 10 ans. Ces enfants n’ont par conséquent connu comme père, mère, frères et sœurs que ceux de leur famille d’accueil.

 

 

-> Une intégration dans la société et un ancrage local

Depuis ses débuts VoH a accordé une attention particulière à préparer de jeunes Marocains capables de s’intégrer dans la société. A cet effet les enfants suivent une scolarité au sein de la structure. Cette école primaire, dont les contenus pédagogiques sont connus et approuvés des autorités marocaines, accueille non seulement les enfants du centre VoH mais aussi plusieurs enfants de villages voisins. Il est en effet important aux yeux des responsables de VoH de ne pas couper les enfants de leur culture d’origine. Dans cette perspective une grande importance a été mise sur l’apprentissage du berbère, la langue régionale pratiquée dans le Moyen Atlas et sur l’arabe classique, la langue officielle du pays.  

L’extension de l’école a été encouragée par les autorités locales, et le projet de l’établissement implique l’inscription d’enfants du centre VoH pour un tiers des effectifs, et pour deux tiers d’enfants des environs, en respectant des règles de mixité sociale (familles de différents niveaux de revenus).  

Un des objectifs du Village de l’Espérance est aussi de contribuer au lien social. Des équipes de VoH ont par exemple participé aux rénovations de fenêtres et du système de chauffage de l’école primaire du village voisin d’Ain Leuh. Les responsables du centre ont également été sollicités par les anciens d'un village avoisinant pour participer à un conseil de village dont le but est de travailler à l'amélioration des conditions de vie. 

La qualité des services proposés par cet organisme est reconnue par les autorités: lors du renouvellement de leur agrément les reconnaissant comme acteurs sociaux, la région d'Ifrane le leur a attribué pour 10 ans au lieu des 4 ans envisagés. Dés 2007 VoH a poursuivi sa démarche de qualité pour répondre aux nouvelles exigences parues fin 2006 pour les Etablissements de Protection Sociale (EPS). 

Au vu de la reconnaissance de qualité, de l’intégration du Village de l’Espérance dans la société locale et de sa collaboration avec les autorités marocaines compétentes en matière de protection de l’enfance, l’association La Gerbe ne peut qu’être surprise et protester à la découverte de ces expulsions illégales conduites sans procès, accompagnées d’une accusation de prosélytisme auprès des enfants.  

Cette nouvelle pose par ailleurs la question du multipartisme religieux dans ce pays. Ce n’est pas la première fois que le Maroc procède à ce genre d’expulsion. Régulièrement, des personnes d’origine étrangère sont priées de plier bagage pour avoir essayé «d’ébranler la foi musulmane» des citoyens marocains ». A chaque fois, la police invoque dans les mêmes termes la saisie de matériel, de livres et de CD sur le christianisme (...). 

Contrairement à  ces accusations de dissimulation, il faut noter que le fait que les porteurs du projet VoH sont chrétiens n’a jamais été caché dans leur environnement. Leur action en revanche est au bénéfice de tous.

De toute évidence l’activité de VoH s’est exercée en transparence devant les autorités marocaines qui sont bien au fait de l’action sociale de la maison d’enfants qu’elles soutenaient. La Gerbe estime que cette expulsion n’est pas en accord avec la politique de partenariat et de confiance qui a été menée jusqu’à ce jour avec les autorités marocaines. La Gerbe souhaite que ces autorités reconsidèrent la décision d’expulsion.

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