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Une gynécologue française au Congo

Lauriane, une jeune gynécologue animée par l'envie de contribuer à faire la différence par un engagement de terrain, est partie le 25 avril pour un bénévolat de 6 mois au Congo. Elle partage ses motivations et nous raconte son atterrissage dans la réalité congolaise de la province du Sankuru.



Lauriane, peux-tu te présenter pour nos lecteurs ?

J'ai 33 ans, je suis gynécologue obstétricienne. Dès le départ, je me suis formée avec en tête l'idée de faire un jour humanitaire et de travailler si possible sur des terrains où les besoins sont importants. Je suis aujourd'hui au Congo, en climat équatorial, mais j'ai commencé à travailler sous des latitudes tropicales déjà depuis mon internat à la Réunion et à Mayotte et mes premières prises de poste en tant que gynécologue là-bas aussi. Bien des choses sont nouvelles pour moi actuellement, mais vivre loin de la métropole et dans la chaleur m'est déjà familier.

Peux-tu nous en dire plus sur les raisons qui t'ont amenée au Congo dans cet engagement de 6 mois ?

En 2021 j'ai découvert une vidéo de présentation de l'Hôpital Otema. Ce qui m'a attirée dans ce projet de santé, c'est la dimension assez holistique de la prise en charge des femmes blessées. Que ce soit suite à des violences physiques ou à des accouchements traumatisants, on y voyait une prise en charge médicale, psychologique, juridique si besoin, et avec en plus le regard de foi qui anime le personnel de l'hôpital.

J'ai donc contacté le Docteur Tony pour savoir si je pouvais venir et aider selon mes capacités et aussi apprendre à ses côtés, ce à quoi il a répondu avec enthousiasme. Entre temps, j'ai commencé à donner des cours d'obstétrique à l'ISTSAN, l'université fondée par Tony.

Et si on remonte plus loin, je dois dire que mon histoire familiale m'a influencée. Mes grands-parents ont été pasteurs au Congo Brazzaville et aussi en RDC. Ma mère a grandi à Brazzaville et l'aîné de mes cousins est né à Kinshasa. Avec cet historique, étudier la gynécologie et l'obstétrique avait du sens, et c'est d'autant plus intéressant et pertinent de l'exercer ici au Congo où mes compétences sont très utiles.

Après un mois au Congo, qu’est-ce qui attire ton attention à Otema ?

Comme je le disais, le climat ne me dépayse pas trop du fait de mes années passées dans l'Océan Indien. Mais ici à Lodja, le niveau de pauvreté est bien plus important que ce que j'ai connu par le passé. Au niveau médical, le manque de spécialistes est aussi marquant. Des avis plus pointus seraient souvent nécessaires en pédiatrie, anatomopathologie ou autres spécialités. Cette situation pousse les généralistes à avoir une pratique très large, beaucoup plus qu'on ne le fait en France, ce qui m'a positivement marquée. Bien évidemment malgré cela, le manque d'équipements et de spécialistes ne permet pas à ce jour une prise en charge équivalente à ce qu'on peut trouver en France.

Côté patients, le fait que l'on doive payer pour chaque acte de soin est interpellant. Cela rappelle que bénéficier de soins accessibles chez nous est un vrai privilège.

Au-delà de ma pratique hospitalière, j'ai été très touchée de l'accueil qui m'a été réservé, comme si j'étais de la famille !


En conclusion, qu'aimerais-tu ajouter ?

Je veux bien sûr encourager le soutien qui peut être apporté à Otema et féliciter La Gerbe pour le soutien déjà apporté, qui a déjà eu un impact dans de nombreuses vies. Il est certain que l'hôpital ne pourrait fonctionner sans tout ce que La Gerbe et ses partenaires ont apporté. En tout cas, ici les équipes sont très ouvertes à accueillir d'autres professionnels médicaux ou paramédicaux, disposés à soutenir le travail, ou à venir sur place pour prêter main forte et continuer de former le personnel et les étudiants !


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