Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes - 2021

En République Démocratique du Congo, plusieurs acteurs de la société civile, à l’image du Dr Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, agissent pour changer les choses concernant les violences sexuelles et la prise en charge des victimes dans le pays. Le Dr Tony Elonge, notre partenaire en RDC, agit lui aussi dans la province centrale du Sankuru. Depuis la construction du centre santé maternelle l’hôpital Otema, des initiatives se développent. Revenons sur l’une d’entre elles à l’occasion de la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Depuis sept ans, une section spéciale de 14 agents pour l'aide aux victimes de violences et violences sexuelles a été créée au sein de la police de Lodja. L'officier Bernadette Beloko est en charge de cette section. L’hôpital Otema collabore avec elle ainsi qu’avec un avocat, Maître Lambert Makondjo, pour prendre en charge les femmes et enfants victimes de violence sexuelle.

En effet, une « clinique juridique » a été créée il y a un peu plus d’un an au sein d’Otema. Ainsi l'hôpital offre, de manière unique dans le Sankuru, un accompagnement des victimes reposant sur 4 piliers : les soins de santé physique, l’accompagnement psychologique, la défense juridique et la réinsertion professionnelle.

Actuellement en République Démocratique du Congo pour une visite à notre partenaire, Michael Païta, responsable du pôle Solidarité Internationale de La Gerbe, a pu rencontrer les autres responsables de cet accompagnement : l'officier Beloko et Maître Lambert.

L’occasion de parler de cette collaboration et de faire un point sur la prise en charge des victimes dans la région. Le manque de moyens reste malheureusement un frein pour tout le monde : la police "n'a même pas un vélo pour se rendre sur les lieux des agressions". Mais depuis la création de la clinique juridique, le nombre de victimes déclarées a augmenté. Ces femmes et ces enfants osent parler, ce qui montre que la confiance s’installe. Les victimes savent qu’elles seront écoutées et soignées, et elles ont moins peur. Par ailleurs les agresseurs commencent à comprendre que certaines choses ne sont pas acceptables et porteront à conséquence. « Rien que durant notre séjour, plusieurs victimes ont été prises en charge" déclare Michael, "au-delà des soins médicaux qu'offre Otema, la clinique juridique contribue à militer pour un changement de regards et de comportements envers les femmes du Sankuru. Tout reste à faire, mais prions que d'autres institutions emboîtent le pas à cette initiative essentielle.»