Déposer ses bagages pour retrouver les cimes

Témoignage



Avant d’intégrer cette association, j’étais réticent. Élagueur de profession, je ne voyais aucun rapport et aucune utilité à travailler dans l’humanitaire. Je tiens à remercier ma mère car bien qu’y étant allé de mon plein gré, c’est grâce à l’espoir qu’elle nourrissait de me voir aller mieux par le travail que j’y suis allé.

Comme chaque salarié qui signe ici, je suis arrivé avec un bagage, plus ou moins lourd et encombrant et comme chacun qui arrive ici, meurtri et apeuré, j’avais l’espoir de me relever. C’est grâce à un solide noyau de permanents que l’association existe, des personnes profondément humaines. Cherchant des solutions lorsqu’une difficulté est rencontrée, rassurant sur les doutes que l’on peut partager et enfin épaulant lorsque nous sommes chancelants. J’ai rencontré des collègues formidables ici, des personnes qui malgré leurs peines, leurs origines ou leurs dogmes différents, étaient finalement très proches les unes des autres par leur respect, leurs aspirations, leurs espoirs. C’est dans cette ambiance saine et bienveillante que j’ai repris goût au travail, aux autres et à moi, mais aussi par extension, à la vie. Mon parcours et mon dévouement dans mon travail ont été le reflet de ce qui s’opérait en moi chaque jour. En appliquant un principe simple, à savoir donner le meilleur de soi, tout me semble surmontable et accessible. La Gerbe est une association humanitaire mais c’est aussi pour ceux qui y résident et y donnent de leur temps une oasis de paix et de partage dans un désert de plus en plus aride. Chaque acteur, du salarié au bénévole, en passant par les permanents, jusqu’au donateur, tous ont leur rôle à jouer pour l’étendue et la pérennité de cette oasis. Aussi je souhaite vous remercier, toutes celles et ceux qui donnent, que ce soit de leur temps, des possessions ou bien des subventions. Merci à vous d’avoir rendu cette aventure possible et agréable. Et merci encore de propager des graines porteuses d’espoir qui germent ici et là, comme le sont les ressourceries ou les partenaires à l’étranger. Bien qu’aujourd’hui les événements récents sont tragiques, et que je quitte cette association dans un moment où elle a le plus besoin de bras, je n’éprouve ni tristesse ni regret. Je sais qu’elle a et aura toujours du soutien et que ma place sera profitable à quelqu’un qui, comme je l’ai été, est dans le besoin. Très prochainement, je réembauche pour un travail dans ma fonction première et j’ai hâte de réapprendre à grimper et arpenter les cimes ! Je ressors donc de l’association La Gerbe soigné, grandi et riche de rencontres et d’enseignements dont un en particulier : si mon passage par un chantier d’insertion qui est régi de la même façon que le temps et la vie qui m’est donné sur cette terre, à savoir compté et éphémère, alors pourquoi ne pas donner le meilleur de soi chaque jour afin qu’il se passe au mieux ? J’ai eu la chance de voir certains fruits ici issus de ma réponse, il me tarde de les voir pour le reste. Merci de m’avoir accueilli.

Pierre