Création d’une pension de famille
1 Grandes lignes du projet
L’association La Gerbe se propose de créer à Lézan une pension de famille de dimension modeste (7 appartements), accueillant des personnes seules et une ou deux familles monoparentales selon le besoin. La situation en milieu rural, où l’association a tissé des liens avec de nombreux acteurs (école, municipalité, associations), et l’implication d’habitants du village, favoriseront le lien social.
Les locataires des appartements seront des personnes en situation d’exclusion ou désocialisées, venant de la rue, ou sortant d’hôpital, présentant des fragilités qui leur rendent la vie autonome encore difficile, ou des femmes victimes de violence depuis longtemps, qui ont besoin de temps pour s’autoriser une vie nouvelle. Des cellules monoparentales feront également partie des bénéficiaires (2 appartements réservés sur les 7). Les occupants auront acquis auparavant le droit au logement et paieront un loyer. Les admissions seront examinées par un comité et les personnes seront accueillies sans limite de durée à priori. Un animateur leur proposera de contribuer à l’organisation de temps partagés, autour d’un repas, d’une sortie, d’un atelier. Un accompagnement permettra progressivement d’envisager (ou non) l’accession à un logement personnel, voire dans certains cas plus rares, d’un retour vers l’emploi.
Le projet offrira la dynamique simultanée d’un « vivre ensemble » et d’une ouverture vers l’autonomie. Il créera 1.2 emploi et son fonctionnement impliquera salariés et bénévoles. Il bénéficiera de l’expérience du gîte d’accueil d’urgence voisin.
L’opération nécessite l’acquisition et la transformation d’un bien immobilier situé dans le village. Des personnes en situation d’exclusion seront associées pour partie à la rénovation. L’adaptation de cette maison permettra la création de logements et de salles communes, en tenant compte de critères d’économie d’énergie.
2 Caractéristiques de la pension de famille
Il s’agit d’un habitat proche du droit commun, où les habitants sont éligibles à l’allocation personnalisée au logement, mais qui relève cependant de l’hébergement social offert sans limite de durée, ce qui le distingue de tous les autres types d’hébergement contractualisé. Cet hébergement offre une reconstruction progressive du lien social à travers trois atouts : des espaces collectifs, un immeuble de petite taille, la présence d’une ou deux personnes (appelées hôtes) chargées du suivi des résidents et de l’animation de la vie quotidienne.
Le comité régional de validation des maisons relais de la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales a émis un avis favorable sur le projet. Il s’agit d’une pension de petite taille en zone rurale. Premier établissement de ce type dans le Gard, la pension proposée couvrira une partie nouvelle du territoire, et par sa dimension modeste répond à l’exigence de bonne intégration dans un village.
3 Intérêt de la proximité avec la Ferme Claris
Proximité dans l’espace : il sera aisé pour les résidents de profiter des ateliers dans l’une ou l’autre des maisons.
Economies d’échelle : du fait que l’association La Gerbe va gérer les deux établissements qui seront proches, nous prévoyons des atténuations de dépenses en termes de comptabilité, de frais de personnel à recruter.
Notion de famille : pour les résidents de la pension de famille, l’accès occasionnel à la Ferme Claris pour des activités leur permettra de se situer au milieu de personnes en général plus jeunes, et de vivre des relations intergénérationnelles souvent reconstructrices du lien social.
Interaction avec le village : les personnes arrivant dans la pension de famille auront la possibilité de se réinscrire dans une vie de village. Des liens existent déjà avec la population (voisins, instituteurs, directrice de l’école, responsables associatifs, artisans, acteurs municipaux, paroisses protestante et catholique).
Habitude d’accompagner des familles, et des personnes fragilisées : cette mission exercée depuis 10 ans représente une garantie pour le nouveau projet. Il faut noter la possibilité d’accueillir dans la maison relais des cellules monoparentales suite à des violences physiques ou psychiques qui induisent un long temps de réadaptation à la vie sociale, avant d’envisager une dynamique de projet.
Soutien municipal : la mairie manifeste de l’intérêt pour les missions de La Gerbe qu’elle soutient dans la mesure de ses moyens financiers, et en facilitant les interactions avec le centre aéré. Le maire participe aux réunions du comité consultatif et la directrice de la Ferme Claris est invitée aux réunions du CCAS.

